Indépendance énergétique et souveraineté nationale.

Publié le par Mas


La sortie des deux premiers avis du Haute conseil de la Science et de la Technologie sur la politique énergétique et la crise des vocations scientifiques attire l'attention des Français sur des enjeux stratégiques qui intéressent l'avenir du pays en son entier.
Dans son avis sur "L'effort scientifique et technologique de la France en matière énergétique", le Haut Conseil en appelle à la volonté des gouvernants pour atteindre les objectifs, désormais inscrits dans la loi, de réduire la consommation d'énergie du pays de deux pour cent par an.

Deux points dans les avis méritent une attention particulière : le HCST "conseille de maintenir les technologies nucléaires au meilleur niveau", et "souligne le déficit d'arbitrage entre les technologies alternatives". La grande diversité des acteurs, l'hétérogénéité des buts dans le secteur énergétique lui font manquer de cohérence, ce que le Conseil propose de corriger en préconisant que l'énergie soit promue au rang de grand projet national.

Du point de vue national, tout doit être mis en oeuvre pour rendre à la France son indépendance, et la soustraire au mondialisme. Concentrer l'essentiel des ressources sur le territoire français, contrôler sa consommation et accompagner la culture scientifique à l'intérieur de pays sont des objectifs qui se conçoivent essentiellement pour rendre le pays plus libre d'agir sur la scène internationale. Plus les Etats dépendent les uns des autres sur le plan de ce type de ressources, plus ils tombent sous la coupe des marchands et des ambitions étrangères.


Comme l'énergie peut être utilisée comme un instrument de puissance aux mains des Etats nationaux, il serait absurde de laisser en friche une telle question, touchant de très près à l'intérêt de la France. La Russie nous en donne l'illustration. Poutine a pu utiliser l'agence Gazprom comme moyen de pression politique sur les Etats nationaux qui en dépendaient : "si vous n'acceptez pas nos propositions, on vous coupe les vivres". Si la France, en investissant en masse dans le nucléaire, a gagné une partie de la bataille, il faut encore que son implication en la matière gagne en cohérence pour en faire un instrument de sa puissance dans le concert des nations.

Là aussi,
décider de rendre à la France son indépendance énergétique demande un politique volontariste forte et conséquente. La gauche et l'extrême gauche, qui expriment à intervalles réguliers leur hostilité au nucléaire, ne comprennent pas que s'en écarter aboutirait à mettre le pays sous la coupe de puissances et lobbies pires encore que les maux qu'ils cherchent à combattre.

Dans le domaine, l'Etat doit imprimer sa volonté ferme, car c'est la souveraineté des Français qui en dépend.

 
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Publié dans Société

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