Résultats du 1er tour de l'élection présidentielle

Publié le par Mas

Bruno Mégret déplore le choix des Français qui ne pourra que les décevoir

Bruno Mégret, Président du MNR, se déclare déçu par le score réalisé par Jean-Marie Le Pen, en dépit des bonnes prestations personnelles du président du FN.

Il déplore que les Français qui veulent massivement une rupture avec le système politicien aient choisis, pour le second tour, les représentants des deux principaux partis du système. Il regrette que beaucoup d’électeurs proche des idées de la droite nationale aient commis l’erreur de faire confiance à M. Sarkozy qui ne pourra que les décevoir.

Bruno Mégret, solidaire de Jean-Marie Le Pen, annonce qu’il se remettra dès demain au travail pour assurer enfin l’union des forces de la droite nationale dès les élections législatives afin de redonner l’espoir aux millions de Français qui veulent un authentique renouveau de notre pays.

 
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Publié dans Union des Patriotes

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Jean 28/04/2007 20:12

Je conseille la lecture de cet excellent article que je viens de trouver sur le site http://ras-le-bol-de-marine.blogspot.com.

A mon avis tout y est. Tout est clairement exposé.

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" Félicitations à Olivier Pichon. Excellent, comme toujours. Rappelons que Monde et vie a été à l'origine de l'Union Patriotique, bien avant que JMLP ne l'évoque lui-même. Et bien avant que Marine ne la torpille stupidement (pour casser la dynamique de campagne de son père et prendre plus rapidement la succession ? ou simplement par stupidité ? On s'interroge encore.)

Texte de Monde et Vie :


"Aux sources de l’échec

« C’est la victoire des idées de Jean-Marie Le Pen », a expliqué dimanche soir Marine Le Pen, en ajoutant qu’en votant pour M. Sarkozy, « les Français ont préféré l’apparence du changement au vrai changement ». L’analyse est juste, mais elle souligne l’écrasante responsabilité qui est la sienne dans cet échec. En effet, si les vents électoraux et les vagues de fonds idéologiques étaient favorables, alors seules des erreurs de pilotage peuvent expliquer, sinon le naufrage, du moins l’échouage du FN. Il convient d’analyser ces erreurs sans faux-semblant pour éviter qu’elles ne se reproduisent à l’avenir.

La première erreur commise a été de gravement sous-estimer le pouvoir d’attraction de Nicolas Sarkozy sur les électeurs frontistes. Alors même que Sarkozy affirmait son intention de préempter l’électorat du FN, ce dernier n’a pas cherché à le contrer systématiquement en dénonçant son double langage. Pourtant, avec la création du Conseil français du culte musulman, la promotion acharnée de la « discrimination positive », la suppression de la « double peine », les prises de position répétées en faveur du droit de vote des étrangers et son bilan calamiteux Place Beauvau, les arguments ne manquaient pas pour déciller les électeurs tentés par l’ancien ministre de l’Intérieur. Mais ils n’ont pas été utilisés. Confondant « lepénisation des esprits », et « sarkozysation » des électeurs frontistes, la direction « mariniste » du FN est restée l’arme au pied.

Une « dédiabolisation » mal maîtrisée

Cette grave erreur stratégique prend sa source dans la stratégie dite de « dédiabolisation » imposée au FN par Marine Le Pen. Il ne s’agit pas ici de contester la nécessité de dédiaboliser le FN, mais seulement la façon dont elle a été mise en œuvre par Marine Le Pen, laquelle a considéré qu’elle passait par l’abandon progressif des idées fondatrices du parti au moment même où elles étaient adoptées par un nombre croissant de nos compatriotes ! De mises en sourdines en œillades adressées à l’électorat immigré, le FN en est ainsi venu à se positionner, à plusieurs reprises, à la gauche de Nicolas Sarkozy. Stratégie absurde qui a culminé sur la dalle d’Argenteuil, lorsque le candidat national dénonça ceux qui, dans la classe politique, « veulent kärchériser les immigrés après les avoir ghettoïsés » ! A-t-on bien mesuré l’aberration d’un tel positionnement, voyant le FN se poser non en recours des Français victimes de l’immigration incontrôlée, mais en rempart pour les « jeunes » outragés par la prétendue brutalité du ministre de l’Intérieur ? En alignant ainsi le discours frontiste sur celui de l’extrême-gauche, la stratégie de Marine Le Pen a renforcé auprès des électeurs frontistes, la crédibilité de Sarkozy qui n’en espérait probablement pas tant !
Lorsque, dans la dernière ligne droite, Jean-Marie Le Pen prit conscience du danger, il était malheureusement trop tard. Les virulentes attaques faisant référence aux origines hongroises de Sarkozy se sont révélées impuissantes à inverser la tendance, le seul résultat étant de déstabiliser les Français d’origine européenne dont il n’est pas interdit de penser qu’ils ont davantage vocation à soutenir le FN que les immigrés extra-européens…

Une campagne au fil de l’eau

La seconde grave erreur a été de mener une campagne au fil de l’eau. Les campagnes politiques obéissent aux mêmes règles que les campagnes militaires. Il s’agit de définir un terrain à tenir et des positions à conquérir, de choisir les armes adaptées et de mobiliser ses troupes. Or, rien de tout cela n’a été accompli par celle qui occupait la fonction de directrice stratégique de la campagne. Comme on l’a vu, en désertant les places fortes politiques du FN, Marine Le Pen a permis à Sarkozy d’envahir l’espace naturel du courant national. Quant aux rares offensives, elles ont consisté à jeter le FN dans une impasse de banlieue, en leur fixant la mission impossible de séduire l’électorat immigré. Cette erreur stratégique s’est, de surcroît, doublée d’une incapacité à effectuer les mouvements tactiques qui auraient pu sauver la mise. Pour ne prendre que quelques exemples, ni les émeutes de la Gare du Nord, ni le meurtre de Sophie Gravaud par un immigré bosniaque récidiviste, ni le recours administratif gagnant contre le projet de grande mosquée de Marseille n’ont été saisis par le FN pour reprendre la main. Jamais campagne du FN ne fut aussi peu jalonnée d’axes forts et de gestes symboliques. Totalement dépourvue de narration, si ce n’est pour prendre les idées frontistes à contre-pied, la campagne fut inaudible pour les Français et peu mobilisatrice pour les militants tout juste invités à s’émerveiller des prestations médiatiques de Marine…

L’union patriotique torpillée

Quant à la mobilisation des troupes, elle fut carrément torpillée. Afin probablement de recueillir seuls le mérite d’une victoire qu’ils pensaient facile, la directrice de campagne et le secrétaire général du parti, le « mariniste » Louis Alliot, avaient en effet pris soin d’écarter les ténors frontistes. Alors que les autres candidats pouvaient mettre en scène des équipes fournies, les talents du Front, tels les Gollnisch, Lang et Martinez, ont été délibérément placardisés. Le Pen est ainsi apparu comme un homme seul, soutenu par sa seule fille, ce qui, à l’issue de quarante ans de vie politique, n’est guère valorisant. Pourtant, dans le contexte dramatique qui est celui de notre pays, les bonnes volontés ne manquaient pas. Mais elles ont été sciemment découragées, comme en témoigne le torpillage délibéré de l’union patriotique.
En l’espèce, l’attitude de Marine et des siens a carrément relevé du sabotage puisqu’ils multiplièrent les actes de chantage visant à contraindre Jean-Marie Le Pen à ne laisser aucune place à Bruno Mégret. Alors que MM. Sarkozy et Bayrou valorisaient les ralliements dont ils bénéficiaient, la direction « mariniste » du FN, elle, se plaisait à minorer celui de Bruno Mégret et à empêcher qu’il ne produise une dynamique de campagne. Sait-on ainsi que le secrétaire général du FN, Louis Alliot a émis une circulaire interdisant aux responsables locaux du FN de prendre contact avec leurs homologues du MNR pour les intégrer à la campagne de terrain ? Et que penser des menaces de procès proférées par les mêmes à l’égard des mégrétistes qui se sont présentés à la municipale partielle de Romainville sous les couleurs de l’union patriotique, alors même que le FN ne souhaitait pas y participer ? Les conséquences de cette attitude sont dramatiques : non seulement le traumatisme de la scission de 1999 a été artificiellement entretenu par un discours de guerre civile, mais de nombreuses personnalités proches de MM. de Villiers ou Dupont-Aignan y virent la confirmation que l’union patriotique était un marché de dupe. En effet, pourquoi soutenir Le Pen si, en retour, on ne récolte, comme Mégret, que horions et insultes de la part de la direction du Front ?

Et maintenant, que faire ?

Au lendemain du grave revers essuyé par le courant national, il convient donc d’en tirer les enseignements afin de corriger le tir dans les campagnes à venir. Pour résumer, il nous semble que le FN doit reconquérir ses fondamentaux politiques, retrouver une direction collégiale, et donner une vraie consistance à l’union patriotique en organisant des candidatures communes dans toutes les circonscriptions de France. À ces conditions, nul ne doute qu’il pourra à nouveau incarner progressivement la force de renouveau vers laquelle se tourneront les Français une fois l’illusion Sarkozy dissipée par l’épreuve du réel."

Paru dans Monde & Vie 778