Ségolène, ou le sourire à visage humain.

Publié le par Mas


Ségolène ou le sourire à visage humain, tel est le titre d'un ouvrage de Philippe Muray
paru juste avant la campagne du premier tour, et qui pourrait embrasser à lui seul les ambivalences de la candidate du parti socialiste : les slogans démagos sur l'ordre juste, l'improvisation permanente, le sourire carnassier en façade, l'étatisme et la bureaucratie en bandoulière ne sauraient masquer sa profonde incompétence. Disons le tout net, Ségolène n'a pas la stature d'une femme d'Etat. Et son équipe de campagne à de quoi faire frémir les citoyens les mieux disposés à son égard. A ce titre, le dossier de Libération en date du mercredi 2 mai est une mine de renseignements sur ses proches collaborateurs. Libé, le journal de la gauche bobo, en se voulant l'outil de propagande officieux de la socialiste dans le microcosme parigo-médiatique ressemble plus à une plaquette de présentation d'un Freak Show.

Par ordre d'apparition, on croise une ex trotskiste, collaboratrice de Rouge issue des beaux quartiers en la personne de Sophie Bouchet Petersen, des seconds couteaux venus du milieu de la pub, comme Nathalie Rastoin ou Benoît Devarrieux, des technocrates pur sucre ( Chantepy, Bianco), des talibans de l'écologie (Filippetti, Belkacem, Rebelle) quelques vieilles badernes du parti en quête de strapontins (Rebsamen, Sapin, Mignard), et des têtes à claques aux accents adolescents (Montebourg, Thomas Hollande).

Au mileu de cette cour des miracles, le roi Hollande et le grand chambellan Julien Dray trônent et se toisent. L'énarque chafouin et l'ex troskiste ambitieux sont malgré une rivalité de longue date, se réconcilieront le jour venu pour accepter les postes honorifiques et les ministères.

Mise en perspective, la nébuleuse royaliste semble avoir réussi la synthèse de la carpe et du lapin, de l'esprit bobo (la gauche des beaux quartiers qui recycle ses ordures et s'extasie sur le développement durable tout en regardant "arrêt sur image" sur son home cinema) et de la gauche la plus archaique du monde, celle qui s'est pétrifiée dans les représentations politiques de la troisième république laicarde, radicale et couperosée (la gauche des fonctionnaires et des allocations diverses et variées). On peut même se demander si le pari de Royal n'a pas en un sens été tenu ; celui de retrouver le sens de l'héritage mitterrandien.
Ce mélange de collectivisme, d'idéologie mortifère, de bons sentiments, de communication rappelle les années 80. Le problème, c'est que nous sommes en 2007.

 
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Publié dans UMPS

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Pierre 13/06/2007 17:08

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